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Wushu Kung Fu - Arts martiaux chinois - Lutte mongole

Histoire du Wushu 武术 et du Kungfu 功夫 (2)

Pour lire le début de la série d’articles dédiée à l’histoire du wushu et des arts martiaux chinois : Histoire du Wushu 武术 et du Kungfu 功夫 (1).

Nous aborderons dans cette deuxième partie l’histoire ancienne des arts martiaux en Chine, depuis leurs plus lointaines ancêtres, les toutes premières traces archéologiques, jusqu’à la période moderne et y retracerons notamment l’évolution des termes ayant dans le temps désigner les arts martiaux en Chine et les arts martiaux à mains nues.

Le Wushu 武术  dans l’histoire

Etymologie du mot wushu 武术 

Les ancêtres du wushu dans l’histoire de Chine 

Le combat à mains nues shoubo手搏 

Wuyi 武艺 et Wushu 武术 – Arts militaires et arts martiaux 

Origines et ancêtres du wushu 武术

Plutôt que kungfu (gongfu 功夫), le terme généralement présenté comme supposé rendre le mieux le sens d’ « art martial » en chinois est le terme wushu 武术 qui signifie littéralement « technique guerrière » ou « technique martiale ».

Il n’y a toutefois pas dans l’histoire de Chine de terme unique et constant pour décrire les techniques de combat au corps à corps [1].

Etymologie du terme wushu

Wushu - Evolution de l'antique Hallebarde ge chinoise 戈
“Hallebarde” ge chinoise 戈
  • shu 术 signifie : une aptitude, une technique, une façon de faire.
  • wu 武 provient étymologiquement du pictogramme de l’antique arme d’hast chinoise ge datant de la première dynastie historique chinoise des Shang. Souvent présentée comme une « hallebarde », elle est en réalité un dague-hache insérée dans un manche en bois plus ou moins long (voir image ci-contre).

Le caractère wu possède notamment les sens de : force, militaire, guerrier, martial, pas (traces de pas). Le mot signifiant aujourd’hui « pays » (guo ) est à l’origine figuré par cette dague-hache ge Dague Hache Ge Caractère Jiaguwen, puis, dans les écritures sur bronze, par une enceinte fortifiée dans laquelle elle se trouve placée Pays guo 国 caractère sur bronze.

La hallebarde ge était à la fois le symbole statutaire de l’élite guerrière et l’arme utilisée lors des nombreux sacrifices humains pratiqués sous la première dynastie chinoise des Shang (1250-1046 av. J.C.).

Le caractère signifiant « sacrifice humain » fa est ainsi un simple composé d’une arme ge et d’un homme () et le pictogramme originel ne laisse en effet place à aucun doute sacrifice fa 伐 - caractere jiaguwen.

Etymologiquement, le mot wushu est lié à la guerre et à la pratique des armes, et, à l’origine, à un type particulier d’arme directement dérivée de la « hallebarde » ge.

Les arts martiaux à mains nues n’ont alors que peu d’importance sur un champ de bataille et les premiers termes qui désignent les techniques de combat en Chine ne les différencient d’ailleurs pas clairement des techniques de maniement des armes.

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Les ancêtres du wushu dans l’histoire de Chine

Wushu - Fresque Minoenne de Santorin - Arts martiaux antiquité
Fresque Minoenne (Santorin)

L’on trouve, dès le milieu du 3ème millénaire avant notre ère, des représentations de lutte et de boxe sportive à Sumer et – en très grand nombre – en Egypte, puis, dès le milieu du 2ème millénaire dans la civilisation minoenne, et bien entendu en Grèce, à Rome et chez les Etrusques. L’épopée de Gilmagesh fait référence à la lutte et l’Illiade d’Homère à un combat de pugilat lors de la Guerre de Troie au 12ème siècle avant notre ère.

En Chine, les premières traces de lutte et de boxe n’apparaissent comparativement que beaucoup plus tard.

L’analyse des raisons de cette pauvreté des traces de pratique de la lutte et de la boxe en Chine ancienne sort du cadre de cet article mais signalons néanmoins deux facteurs ayant certainement contribués à cette disette des sources.

D’une part, il faut garder en tête que, contrairement à l’idée commune, l’écriture est apparue tardivement en Chine – vers 1250 av. J.-C., soit plus de 2000 ans après Sumer et l’Egypte – et qu’elle a de surcroit d’abord été réservée à des activités religieuses de divination, puis, pendant de nombreux siècles, à de très cours textes sur bronzes.

Cela explique en partie l’absence de sources écrites anciennes concernant les arts martiaux. Par ailleurs, l’art figuratif, quasiment absent de l’iconographie Shang et Zhou, ne nous a pas non plus laissé d’indication sur des formes potentielles de lutte ou de boxe dans la haute antiquité.

Wushu - Chariot de guerre chinois - Dynastie Shang
Chariot de guerre chinois – Dynastie Shang

Par ailleurs, et c’est sans doute plus important, sous la dynastie des Shang, puis sous celle des Zhou de l’Ouest (1045-771 av. J.C.), la guerre est l’apanage d’une élite d’archers combattants sur des chars de guerre.

L’arme noble par excellence est l’arc et la prééminence de celle-ci a certainement pendant longtemps éclipsé les autres formes d’engagement guerrier. Les dagues-haches ge que nous avons mentionné supra sont avant tout des armes symboliques marquant un statut social.

Le guerrier noble chinois combat à distance et l’affrontement au corps à corps n’est pour lui qu’une dernière extrémité.

En temps de paix, les aristocrates Zhou ne s’affrontent pas à la lutte, ils se retrouvent pour des tournois d’archers extrêmement ritualisés avant tout destinés à marquer la hiérarchie féodale.

Ce n’est que pendant les Zhou de l’Est, lors des périodes dites des Printemps et Automnes et des Royaumes Combattants, du 8ème au 3ème siècle avant notre ère, que l’emploi de fantassins se généralise et, avec la conscription, que le maniement des armes se répand dans le peuple.

Wushu Hallebarde Ji 戟 Arme antique Chinoise
Hallebarde Ji 戟

Pendant ces siècles de conflits intenses, l’arme commune de l’infanterie est une variante de la dague-hache ge appelée ji 戟 (qui remplacera progressivement la première). La hallebarde ji originale est une dague-hache ge simplement coiffée d’une pointe de lance.

Ce n’est que très tardivement, au 5ème siècle av. J.-C., que les guerriers nobles chinois commencent à utiliser l’épée qu’ils avaient jusqu’alors délaissée et que certainement ils prennent dorénavant directement part à des affrontement au corps à corps.

C’est précisément à ce tournant de l’histoire chinoise que les premières mentions concernant les arts martiaux à mains nues apparaissent.

Notons enfin que si l’épée devient alors une arme aristocratique, l’arc ne fera néanmoins jamais l’objet en Chine d’une condamnation morale comme ce fut le cas dans les sociétés antiques occidentales (totalement opposées en cela à celles de l’Orient qui toutes valoriseront au contraire l’arc et les archers – comme notamment les Perses,les Indiens, les Scythes, les Parthes, les Sarmates,…).

Chez les Grecs, l’arc est méprisable, il est l’arme des femmes, des barbares, des bâtards, des novices et des traites, des exclus de la cité et, de manière plus générale, l’arme des lâches qui ont peur de s’engager dans le combat au corps à corps. Il est d’ailleurs intéressant de noter que, s’il est vil de se servir de l’arc pour la guerre (tuer des hommes), il est légitime de l’utiliser l’arc pour chasser (tuer des animaux).

Les Romains le mépriseront également ; tout comme les guerriers Celtes et Germains qui en laisseront l’usage aux adolescents, et,  bien plus tard lors de la guerre de cent ans, comme les chevaliers français (malgré leurs cuisantes défaites face aux archers anglais lors de la guerre de cent ans) pour qui l’arc, qui tue à distance et ne demande aucune bravoure, est une arme vulgaire indigne de leur rang.

La Chine ne connaîtra jamais ce mépris pour l’arc et pour les armes de combat à distance chez les guerriers.

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Le combat à mains nues shoubo 手搏

Wushu lutte chinoise 角力 mandchou mongole kung fu
Concours annuel d’été de lutte chinoise

Les premières mentions écrites spécifiques de combats à mains nues n’apparaissent en effet – de manière très marginale – qu’au 5ème siècle av. J.C dans les Annales des Printemps et Automnes. Ils sont alors décrits par le terme bo 搏 ou shoubo手搏 – le caractère shou 手 signifiant main, et bo 搏 combattre/lutter.

L’histoire des Annales qui y fait référence raconte que le perdant, alors que l’affrontement s‘était précisément déroulé à mains nues, enrageant d’avoir été vaincu, revint tuer le vainqueur… avec un couteau.

Le mot semble toutefois encore polysémique : utilisé en tant que verbe, bo ne distingue pas la lutte de la boxe et signifie à la fois frapper et saisir, mais lorsqu’il est utilisé comme nom, le caractère bo signifie boxe. Peut-être s’agit-il encore d’une forme de pancrace combinant à la fois les techniques de pugilat (pieds-poings) et de lutte.

Au 3ème siècle av. J.C apparaît également, et tout aussi accessoirement, un autre terme désignant les techniques de combat dans un texte du célèbre légiste Xunzi : jiji 技击qui signifie littéralement « l’habileté ji 技 à frapper/attaquer ji 击 » – mais il possède le sens général de combat au corps à corps et inclut encore les techniques d’armes.

C’est toutefois sous le nom de shoubo que les arts martiaux seront désignés sous les Han (206 av. JC- 220) dans les premières références écrites connues à des livres, aujourd’hui perdus, dédiés aux arts martiaux en Chine. Classés parmi les techniques militaires, ils ne sont néanmoins alors pas encore conçus comme une finalité en soi mais comme un moyen.

Wushu Kungfu - Football chinois antique
Football chinois antique Cuju

Les soldats n’étant pas appelés à combattre à mains nues des adversaires armés, la « boxe » est en effet alors simplement considérée comme un exercice militaire qui facilite et permet d’améliorer la pratique des armes.

C’est d’ailleurs à ce même titre, afin de développer la force, l’agilité et l’endurance, que les exercices militaires incluent, parallèlement à la boxe, une forme primitive de football.

Ce n’est également qu’à cette époque que  la boxe shoubo commence à être distinguée de la lutte appelée juedi ou jiaodi角抵 (ou jueli角力, « comparer la force »). Contrairement à la boxe, qui n’est encore qu’un exercice physique préparatoire, la lutte est considérée comme une discipline à part entière.

Elle devient même une discipline officielle lors des cérémonies militaires sous le règne de l’empereur Qin (221 à 206 av. J.-C.). La lutte sera également intégrée, avec l’archerie, au cursus de formation militaire des soldats lors de la dynastie suivante des Han.

Au 12ème siècle, lorsque les Song du Sud établissent leur capitale à Hangzhou, le mot quan 拳, le poing, vient remplacer l’antique mot shoubo pour désigner la boxe. Les historiens expliquent ce changement soudain de terme par l’influence des dialectes locaux. L’on sait en effet que les termes daquan 打拳, frapper du poing, et dashou 打手, frapper avec la main, étaient à l’époque les expressions courantes utilisées dans la région de Hangzhou et Suzhou.

Après la prohibition de la pratique des arts martiaux sous la dynastie mongole des Yuan (1279-1368), l’on commence pour la première fois avec la dynastie suivante des Ming (1368-1644) à avoir plus de précision sur la boxe.

General Qi Jiguang (1528 1588) Wushu Kungfu
General Qi Jiguang (1528 1588)

Alors qu’elle était en effet jusqu’alors simplement désignée par un terme générique, les écrits des auteurs Ming deviennent plus précis et l’on commence à distinguer à la fois des styles (changquan 长拳boxe longue, duanda 短打frappe courte) et à avoir le nom de quelque unes des techniques de combat utilisées (esquiver, saisir, projeter).

L’une des sources les plus précieuses est le fameux traité du Général Qi Jiguang « Le Nouveau manuel pour une discipline efficace » paru en 1561 dont le chapitre « Classiques de la Boxe » répertorie seize styles différents et donne les illustrations de trente-deux techniques qu’il retient comme les plus efficaces de son temps. Le livre de Qi Jiguang est le premier écrit en Chine à donner des illustrations techniques des arts martiaux.

En 1588, ce réformateur va enrôler dans l’armée plus de 3000 paysans de la province du Zhejiang pour lutter contre les pirates locaux et japonais qui infestaient les côtes chinoises. Afin de les former au mieux en un temps record, il va s’attacher à sélectionner les techniques les plus efficaces parmi les meilleurs styles connus de l’époque.

Parmi les trente-deux technique sélectionnées par le général pour former la base de l’enchaînement destiné aux paysans, une majorité d’entre elles est commune, tant dans la forme que dans leurs dénominations, avec celles du Tai Chi style Chen original tel qu’il est décrit dans l’enchaînement en 29 postures du Changquan Pu du village de Chenjiagou. Voir : Histoire du Tai Chi Chuan 

Il est également intéressant de noter que, alors que Qi Jiguang recense les meilleurs styles de son temps, il ne mentionne à aucune moment la boxe Shaolin, pas plus que la boxe du village de Chenjiagou (qui deviendra le Tai Chi Chuan). Le point est d’autant plus important que les sources montrent que certains moines Shaolin, entraînées aux arts martiaux pour se défendre des attques de brigands, ont eux-aussi occasionnellement participé à la lutte contre les pirates.

Si la boxe de Shaolin et leur art du combat à mains nues sont encore peu développés à l’époque, Qi Jiguang mentionne toutefois les techniques de bâton des moines dans ses écrits.

Il faut enfin noter que Qi Jiguang, issu d’une famille de militaires, reconnait lui-même que ce sont en réalité les armes à feu qui sont essentielles à la guerre. Il supprimera d’ailleurs même le chapitre consacré au combat à mains nues dans les éditions ultérieures de son manuel. La raison fondamentale pour laquelle il s’intéresse de près au combat à mains nues et cherche à dégager un enchaînement de techniques faciles à apprendre et à mémoriser est qu’il manque précisément d’armes à feu pour équiper les paysans qu’il enrôle. Ce sont les circonstances exceptionnelles de la lutte contre les pirates qui le forcent à se pencher sur un sujet qui n’était de fait que très secondaire pour un homme de guerre.

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Wuyi 武艺 et Wushu 武术 – Arts militaires et arts martiaux

A partir du 3ème siècle de notre ère, le mot wu yi 武艺 – signifiant littéralement « art martial » ou « art militaire » – commence à être utilisé pour désigner les techniques militaires.

Le caractère yi 艺 a le sens de « art, talent, habileté, dextérité ». Il s’agit du caractère yi que l’on retrouve dans les Six Arts Confucéens liu yi 六艺ou encore dans le mot « art » 艺术 yishu (ou « techniques artistiques »).

Le terme wushu, qui viendra à remplacer wuyi, n’est lui attesté que plus tardivement, à partir du 6ème siècle où il apparaît pour la première fois dans un traité d’anthologie littéraire, le Wen Xuan. Son sens est alors – comme wuyi avant lui – non pas celui de techniques de combats mais celui de techniques militaires. Les deux termes wuyi et wushu seront utilisés pendant plusieurs siècles comme synonyme l’un de l’autre.

Il faudra attendre le 12ème siècle pour que l’on commence à les différencier et que wushu commence progressivement alors à prendre le sens de technique de combat et « d’art martial populaire » par opposition à wuyi qui continue de conserver son sens militaire initial. Nous reviendrons plus longuement dans un autre article sur l’importance et la signification de cette scission entre les deux termes qui perdurera jusqu’au 19ème siècle.

Ce n’est en réalité que très récemment, à partir du début du 20ème siècle seulement, que le terme wushu va commencer à être employé pour exprimer la notion « d’arts martiaux chinois » telle que nous la comprenons aujourd’hui, c’est à dire d’art du combat sportif chinois.

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[Lire la suite de la série d’article]

[suite – Partie 2 Naissance du Wushu moderne]

[1] Nous n’aborderons pas dans cet article la thématique de la lutte dans les arts martiaux chinois.

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Wushu Kung Fu - Arts martiaux chinois - Lutte mongole
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Histoire du Kungfu Wushu  (2) – Pour en savoir plus

Les articles liés à l’histoire du Kungfu Wushu 

Voir notamment les articles :

Sur internet à propose de l’histoire du wushu

Kungfu Wushu Histoire des Arts Martiaux Chinois Peter Lorge Chinese Martial Arts

Livres

Peter Lorge, Chinese Martial Arts, from Antiquity to the 21st century

The Cambridge History of Ancient China, from the origins of civilization to 221 B.C., 1999.

Martial Arts of the World, 2 volumes, 2010.

 

 

Articles

Alain Thote, Origines et premiers développement de l’épée en chine, 2002

Bernard Sergent, L’arc, Métis, Anthropologie des mondes anciens, 1991.

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A propos Tai Chi Lyon

Disciple officiel de la lignée du Tai Chi Chuan originel de Chenjiagou (lieu de création du Tai Chi) sous le nom Pengju 鹏举, j'ai passé plusieurs années en Chine à me former et pratiquer avec Maître Zheng Xu Dong et pratique ces dernières années la Xiaojia avec des maîtres de Chenjiagou (disciples directs du célèbre Chen Kezhong).Formé à la Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC), je suis également passionné d'histoire et de culture chinoise. J'ai fondé un club de Tai Chi à Lyon en 2001 dans lequel je continue d'enseigner aujourd'hui.
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